JARDIN SANS PETITS NAINS Partie 1
Texte écris et raconté par de Miss Canthus
Voilà deux heures que Lisa traque la moindre mauvaise herbe sous un soleil de plomb.
Le sol est sec. rugueux comme du gros crépi. Elle aurait bien arrosé, mais ses tonneaux récupérateurs d'eau de pluie sont désespérement vides et pas question d'utiliser l'eau du robinet pour ses Rhodos. Trop calcaire. Aussi, les indésirables plantules qui via leurs radicelles s'aventureraient à vouloir puiser la moindre particule d'humidité deviennent planta non grata.
Pauvres azalées, elles ont tristes mines! Même la lavande taillée minutieusement en boule et pourtant adaptée aux sols arides, fait la gueule. Ses bambous d'habitudes si verts et si doux au touché sont de vrais porcs-épics. Lisa scrute le ciel, l'implore de déverser quelques gouttes de breuvage salvateur à ses petites protégées.
Elle l'aime ce jardin. Elle l'aime tellement que Jean, son adorable mari, lui a dit un jour : " Tu t'occupes plus de tes plantes, que de moi ".
Quelle idée! Evidemment qu'elle l'aime, son Jean; sauf que lui quand il a soif, le frigo, il sais l'ouvrir tout seul !
Cependant, puisque les nuages se refusent à goutter depuis des lustres, le temps consacré au jardin s'est intensifié. Particulièrement depuis qu'elle l'a lu : Un bon binage équivaut à deux arrosages. Alors elle bine.
Tel un moine taoïste, elle ratisse patiemment autour de chaque plante, emportant méticuleusement tous les micro-déchets sur son passage. Le vert, luxuriant d'il y a trois semaines est aujourd'hui un camaïeux de jaune et de sec.
Lisa aspirait à un jardin japonais au tapis vert mousse; pour l'heure, il est plutôt dépouillé, minéral, un peu trop Zen.
D'autant plus que le terrain sur lequel elle jardine, est de tendance argilo-calcaire et qui plus est, bourrés de caillous plus ou moins gros. Donc, ces foutus caillous remontent, remontent tous le temps...Elle a même tamiser sa terre, parfois sur une profondeur de 30 à 40 cm ; mais ils remontent toujours.
En plus pour se simplifier la vie, elle a choisi la complication de planter des azalées et autres plantes acidophiles, des végétaux pas vraiemnt adaptés à sa terre naturelle. Ces plantes de terres acides comme les Rhodos, ne peuvent pas être plantés n'importe comment. Il faut creuser des fosses, les isoler et remplacer complètement la terre d'origine. Puis c'est pas tout! L'arrosage. De l'eau de pluie uniquement ou du moins non calcaire! Ce qui est bien difficile, ici, au pied du Jura. Mais quand on aime, on ne compte pas, se dit-elle.
Cela dit, pour toutes les autres plantes, les "non-acidophiles", le problème c'est pas l'arrosage, non. Chez ces amatrices d'eau du robinet, c'est le côté "chiottes félines"de la plate-bande qui irrite Lisa. A forçe de biner et de tamiser la terre, celle-ci devenue sablonneuse comme du Catsan, est un pur bohneur pour tous les chats du voisinage ! "Chouette, des nouvelles litières, Miaouw "!
"Ahrrrrrr, ça pue de nouveau la merde de chat par ici, peste Lisa en regardant sa montre. Bon, se dit-elle, j'ai encore 10 minutes". Son temps est compté, sa petite Lucie qui sieste va tantôt se réveiller et question dodo, la gamine est réglée comme horloge! Pas du japonais à quartz, non, non,un vrai garde-temps, de facture suisse à grandes complications. Cela dit, la plus grande complication, chez cette petite, se situe pour l'heure, surtout au niveau de la couche-culotte. A deux ans, plus précisément 26 mois, 9 heures, 14 minutes et 35 secondes, elle n'a toujours pas fait sa selle et Lisa sait qu'il va de nouveau falloir user de stratèges pour l'inviter sur le trône. Alors, en attendant le : "Coucou maaaaaman l'a fini le dodo, le bébé" qui va émerger de Baby call acrroché à sa taille, Lisa réserve chaque minute de son temps de Pause-maman à Mère-nature.
La suite demain si vous le voulez bien...
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12 Mai 2006 à 07:27 dans
- Brèves de Jardins
