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Miss Canthus et Graam Iney

Je morille, tu morilles ...


 
 
 
 
 
Après les maux, on rie jaune ou noir?
 
Tu sais qu'au niveau du jardinage, outre la longue liste non exhaustive des "doux leurres" et petits "bobosnheurs" ( voir les commentaires du post précédent)  du jardi-masochisme courant, on y trouve aussi de belles surprises , de chouettes récompenses après de durs labeurs, comme celle de conjuguer le verbe mourir de rire ou mieux,  le mot "rie" :
 
 
Je venais tout juste de finir de pailler quelques encore très menus pieds de cochon , heuuuuu des pieds de Piet d'alouette blanc  Delphinium-Pacific hybrid 'Galahad' , désolée mais jardiner, ça creuse, hein? ben voilà-ti pas que je shoute dans une morille !!!!
Sur le moment, je n'y ai pas cru; mais deux secondes après, je rampais presque dans ma plate-bande et au final, c'est 6 jolies morilles qui avaient poussé dans ce coin; qui l'eu cru ?!!!
 
 
 
Hummmmmm , que c'est bon le jardinage, les pieds dans les morilles !
 
Sinon, question petites saveurs des bonnes herbes aromatiques, dimanche, j'ai fini de nettoyer et de désherber les "mauvaises et pas aromatiques" de l'allée des arômes, au sud de la maison, mais au nord de mon CarréSUD,  où j'y ai replanté hier, un peu de sauge, du persil et de la basilic...!
 
 

 
Avant le boulot
 
 
 
 
 
 
Après le labeur... 
 
 
 
Pis comme tu le découvriras sous peu...
 
 
Ce sera le premier écriteau officiel du jardin; mais je ne t'en dis pas plus, à suivre donc...
 
 
 
Dans un coin de ce carré SUD...
 
 
Fritillaria persica
 
 
J'affectionne tout particulièrement cette association entre le pourpre presque noir de la fritillaire de Perse et le vert jaune anisé de l'euphorbe characias ...
 
J'avais déjà fait un billet sur le noir et le pourpre au jardin... ici , faudrait juste que je le complète... une fois!
 
Et toi, le noir au jardin, ça t'inspire le pompon,  ça te faire mourir de rire, comme quand mes "morts rient" me font des pieds de nez ou t'aimes pas du tout, hein? non non, elles ne sont pas le fruit de mon imagination, ni les séquelles de champignons hallucinogènes ? C'est mon état normal, dès que la période du jardinage recommence...! Contagieux? Beuhh, je sais pas ... 

 
 
 

Les fleurs du mal ...

 
J'ai mal partout...
 
 
Magnolia stellata 
 
 
J'ai mal d'avoir travaillé tous le samedi au jardin...
 
Mais tu vois cette douleur, c'est du ... hummmmm et c'est vachement salvateur pour mon "Spirit Gardening" ...
 
Hein? meuhh nannn c'est pas du masochisme !
C'est l'amour de la terre et de ses vers, que j'ai vu ,grouillants de partout, à chaque motte soulevée, tu pouvais les voir se tordre comme des petits fous ...
C'est l'odeur de l'herbe coupée mais ça, c'est pas moi qui m'en suis chargée ...
C'est les ongles noirs pleins de terre, malgré mes jolis gants verts et tout fleuris...
C'est les gros vilains mots, tu sais, ceussent prononcés quant tu crois soulever une petite motte de glaise et que c'est une merde de chat....tu connais ça, toi aussi, hein?
 
 
Pis l'amour au jardin c'est quand LUI , fleurit :
 
 
 
 
Magnolia stellata , le bouton, 2 jours plus tard...c'est-à-dire hier !
 
 
 
 
 
 
C'est se réjouir de voir enfin, un bouquet de jonquilles s'épanouir, ailleurs dans d'horribles potées très kitsches, en vente et exposées sur les étales de grandes surfaces ...
 

 
 
 
C'est la gymnastique qu'il faut déployer pour tenter d'admirer l'intérieur de l' Epimedium ou fleur des elfes ... 
 
 
 
 
 
  
C'est ramper, le nez à hauteur des pousses de muguet  et se dire que que le monde doit paraître bien gigantesque et plein de méchants monstres, pour une limace...
 

 
 
 
 
 
Prunus ceracifera 'Woodii' 
 
 
 C'est se rendre compte, qu'un massif de vivaces, ben c'est pas toujours très intéressant chez moi, à cette époque de l'année et qu'il va falloir que j'y remédie...
 
C'est se réjouir que certaines fleurissent et se portent à merveille, malgré les frimas de l'hiver encore récent...
 
 
 
 
Et enfin, c'est se faire mal aux yeux à trop vouloir admirer les beautés du jardin en plein soleil, sans lunettes... 
 
 
 
Et toi, t'es aussi un peu maso, quand t'es au jardin?
T'aimes aussi ressentir ces petites sensations lancinantes le long des lombaires, signe évident de longues périodes pliée à moitié et qui, quand tu te relèves enfin, te donnent l'impression que ta position "normale", c'est pliée ? Hein, ouais tellement ça fait mal d'être à nouveau droite !
Et que dire des mains qu'ont trop "séquaté" et qui se retrouvent décorées d'ampoules, une tendinite au coude en prime ?
 
Hein? Oh oui, c'est bon...
 
Ohhhhhh  oui jardin, fais-moi mal... 
 
 
 

La crosse de fougère est le légume qui annonce le printemps.

 
  
Crosses de fougère
 

 

Le terme " crosse ", qui est apparu en 1080, vient de l’allemand krukja avec influence du mot français " croc ".

Il désignait initialement le bâton pastoral de l’évêque dont l’extrémité supérieure se recourbe en volute, de même que la partie recourbée du violon. Par analogie de forme, il en est venu à désigner également la fronde de la fougère dans son premier stade de développement, tandis qu’elle est encore enroulée sur elle-même. Pour les mêmes raisons, on qualifie cette dernière de " tête de violon ", expression probablement empruntée à l’anglais fiddlehead et qui prévaut au Québec, tandis qu’en Europe, la préférence va à " crosse de fougère ".

Matteuccia struthiopteris ou fougère plume d'autruche tire son nom de la ressemblance de ses feuilles avec les plumes de ce volatile de grande taille.

Les fougères sont de très anciennes plantes qui poussent sur tous les continents et il ne fait aucun doute que les êtres humains consomment, depuis toujours, leurs jeunes frondes printanières. Cette habitude est bien établie en Scandinavie, en Europe centrale, en Russie, en Asie, de même qu’aux États-Unis et au Canada. Elles font partie de l’alimentation traditionnelle des Amérindiens qui, à une époque où les méthodes de conservation modernes étaient inexistantes, en appréciaient d’autant plus la valeur qu’ils n’y avaient accès que durant quelques semaines au printemps. En effet, dès que la fronde se déroule et s’épanouit, elle cesse d’être comestible.

Toutes les espèces de fougères ne sont pas comestibles, certaines étant toxiques d’autres possiblement cancérigènes.

 Matteuccia struthiopteris ( Fougère plume d'autruche ou fougère d'Allemagne) et Osmunda cinnamomea sont comestibles.

 

 Ici

 Un lien qui t'en parlera en long et en large... de la fougère en cuisine et de ses saines qualités pour ton petit organisme.  

 
 
 
 
Ahhhhh mère nature, comme tu es fascinante, si l'on prend la peine de t'observer de plus près ...!
 
Comme un embryon relié à sa mère... une image très familière!
De là à dire que nous descendons de la fougère...hein ?
 


 
 
 

Pays de paradis

 
 

 BALADE  EXOTIQUE EN TERRE HELVETIQUE…
 
 
 
 
 
Pour la très grande majorité des Européens et des habitants d’au-delà des mers, la Suisse, c’est le pays d’Heidi avec les chèvres, les alpages et les bonbons aux herbes Ricola !
 

Un pays planté d’Edelweiss aux paysages de montagnes, où broutent paisiblement des vaches mauves, véritables fontaines à lait, sources intarissables  d’innombrables plaisirs de chocolats ou de fromages…

La Suisse, c’est un îlot, où seul l’aspect de la fiscalité semble être un paradis au milieu de l’Europe, constitué de sapins et de pentes neigeuses en hiver !
 
 
 
Ami ou amie jardinier ou -ière, si tu savais …
 
 

Ascona 
 
 
 Il y a une région chez nous, qui surpasse le climat méditerranéen, offrant en plus à la flore, une terre d’asile pour tous les camélias, rhododendrons, palmiers, agaves, en pleine terre et cela toute l’année, sans protection !
 
 
 
 
 
Bienvenue au Tessin , sur les rives du Lac Majeur, où des cathédrales de camélias côtoient des  palmiers  de plusieurs mètres de haut, où azalées et rhododendrons explosent de couleurs plus vivent les unes que les autres, où magnolias et cornus florida rivalisent de beauté, où agaves, araucaria et autres exotiques poussent pratiquement à l’état naturel, comme les Trachycarpus fortuneii, devenus carrément espèce indigène, palmier qui devient même un problème en forêt !
 
 
 
     
 
 


Dans cette région paradisiaque, un pépiniériste passionné, Otto Eisenhut a créé un parc botanique, où se mélange une myriade de plantes sur plus de 17’000m2 en pentes abruptes ; plus de 950 sortes de camélias et presque autant de magnolias, sans compter azalées et rhododendrons ! 
 

 
 
 
Pivoines, érables du Japon, pins, genévriers et espèce rares se mélangent et rivalisent de beauté et de couleurs !



 
 
 
  
 
Magnolia  Hybr. Apollo 
 
 
 
 
 Bref, cet endroit est absolument magnifique, malgré un temps exécrable, où seul samedi ( jour de ma visite du parc), le soleil m'a gratifié d'une belle journée, après des pluies diluviennes nocturnes...!
 
Une végétation d'une luxurience telle, que t'en est presque dégoûtée de tenter de faire pousser  ridiculement, un rhodo ou un camélia en pot...!
Des haies taillées constituées d'azalées, pffffffff juste trop beau quoi! 
 
Ici, le lien du parc botanique, au cas où t'aurais envie d'aller y faire un tour... 
J'aurai bien fait un tour sur l'ìle de Brissago, où là également, un bijou de jardin botanique s'y trouve, mais pas eu le temps! 
Je te mets aussi le lien, tiens Ici
 
 
Le canton du Tessin se situe en Suisse italienne, l'extrême sud/est de la Suisse, c'est à dire, l'opposé de là où je vis !!!
 
 
 
Alors, la Suisse, ça te tentes pour tes prochaines vacances?
 
 
 
 
 

En balade pour quelques jours...

 
 


C'est quand qu'il commence le printemps cette année ?

 
 
 
 
 
 
 
On dit qu'il y a le printemps des forsythias et celui des lilas...
 
Voici  l'état de mes lilas, il y a une heure...
 
  
 
 
C'est pas encore ça, hein?
 
 
 Mes Mahonia aquifolium vont enfin fleurir...
 
 

 
 
idem pour le Chaenomeles japonica, il n'est jamais pressé celui-là !
 

 
 
 
 C'est lassant ce froid...! Il y a neigé hier et avant hier, 200m au-dessus ! Arggggrrrrrr!
 
Aujourd'hui, un peu de soleil, mais à peine 9°C, brrrrrrrr!
 
Pas envie de jardiner, juste d'hiberner !
 
Pfffffffffff! 
 
Heureusement, je pars quelques jours; tu crois que le jardin aura un peu changé à mon retour ?
 
 

 
 
 
 

Aralia elata, Aralia spinosa ou Dimorphanthus elatus

 
 
 
Angélique du Japon
 
 
 
 
 
C'est certainement pas à cette époque, qu'il convient d'en parler où plutôt de la montrer! Cet arbuste épineux qui peut atteindre plus de 10 mètres de haut est très gracieux et attire les oiseaux qui se régalent de ses petits fruits noirs! Si tu aimes les végétaux d'aspects exotiques et que les épines ne te font pas peur... L'aralia est pour toi ! Très rustique, il supporte pratiquement tous les sols même si il a une préférence pour un peu d'humidité..! Il aime le soleil et la mi-ombre, mais préfère un peu de protection pour se protéger des vents forts qui pourraient endommager son beau feuillage bipenné qui peut atteindre plus d'un mètre...!
 
Allez je ne vais pas te laisser sur des images de baguettes japonaises ...
 
 
 
 
 

 
 
Ici, en arrière plan, parmi Stipa, Yucca, Dianthus carthusianorum L. et Miscanthus giganteus !
 
L'Aralia elata est de la même famille (Araliacées),
 
 

que Fatsia japonica, ou Aralia japonaise chez moi, en tant que plante d'intérieur... qui selon, le site les arbres.fr le juge rustique jusqu'à -17°C ... J'ai pas encore tenté le Fatsia à l'extérieur, mais je sens que ça va pas tarder, d'autant que, c'est pas une plante très chère...!

Et toi, les Araliacées, elles te tentent? 


Koitès qui pousse sous la pleue... 2

 
 
 

 
Comme je sais que t'as rien d'autre à faire et qu'il te faut une occupation pour ce WE de pleue ( oui, j'ai bien dis pleue, pasqu'elle est encore plus mouillée) voici rien que pour toi, quelques "Qui est-ce qui pousse sous la pleue"...!
 
Cette fois, y a du "très facile", pis du "pas évident", pis du "spécial tordu" !
 
Je te rappelle que je suis en basse altitude 800m, qu'ici c'est pas la Côte d'Azur, mais que je suis parfois assez cinglée pour tenter des vivaces en pleine terre , alors qu'elles sont "limite" , question rusticité ...!
 
J'adore les géantes, j'aime pas le rouge ni le jaune  ... Voilà !
 
 
                 Image 1 ( ici, les plus petits...)        Eremurus stenophyllus aux épis jaunes
 
              
 
Bravo Berthille et Danielle  
 
 
 
 
 
 
Image 2 ( Elles sont d'enfer...)            Crocosmia   'Lucifer',          
 
 
                      
  
Bravo Berthille 
 
 
 
 
 
 Image 3 ( trop facile !!!)          Persicaria bistorta
  
           
 
Bravo Berthille et Danielle  
 
 
 
 
 
 
Image 4 ( hyper facile)     Macleaya cordata   le jeune feuillage est déjà bien formé dès sa naissance
 
                          
 
 Bravo Sophie et Danielle
 
 
 
 
 
 
 
        Image 5  ( héhé !!! Ici dort une grande dame)           Gunnera manicata , ( un jeune plan de trois ans )
                                                                          qui a survécu a son second hiver ...!
                                                                           On dit qu'un plan survit à -20°
                                                                       ( avec protection) dès qu'il a atteint 2-3 ans...
                                                                L'avenir me le dira!
 
                           
 
Bravo Berthille 
 
 
 
 
 
 
 
 
Image 6 ( Elle est magnifique en fond de massif et pourtant si légère)
 Elle fleurit en jaune pâle, cette grande demoiselle...  Datisca cannabina
 
                             
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Image 7                                                    Agapanthus ‘Headbourne Hybrids’       
  
( J'aurai besoin de lui mettre un peu de terreau               Planté en pleine terre, au printemps 2007, elle semble avoir
  sur ses racines qu'aiment bien se sentir à l'étroit)                  survécu à la neige et au froid                            
       
                                                                                                                                      
                              
 
 Bravo Danielle
 
Voir pour l'Agapanthus  'Heedbourne hybrids'  chez Thierry Denis
 
 
 
 
Voilà... c'est à toi !
 
Comme au billet précédent, tu suis les commentaires et dès que quelqu'un a trouvé, j'inscris le nom près de l'image...!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Koitès qui pousse sous la pleue...

 
 
 
 
 Sous la pluie ce midi,...je suis sortie sans parapluie!
 
 
Armée d'un APN et d'un chapeau, on a du me prendre pour une folle dans mon jardin...
 
Surtout le chauffeur du camion-citerne, qu'est venu remplir la citerne à mazout et qui m'a regardé étrangement déambuler d'une plate-bande à l'autre avec mon APN; Faut dire que parfois, j'étais à la limite de ramper tel un Marine US entre les touffes ...
Puis il m'a suivi dans tout le jardin, pour me remettre le bordereau de livraison à signer... J'aime bie faire semblant que je ne l'ai pas vu...Lui, qu'avait pas de chapeau, mais une vilaine casquette qui ruisselait sur son papier...
 
 
 
 
N-talo, voici pour toi qui aime jouer du sécateur ...
 
Un forsythia  taillé ...autrement ! 
 
Comme j'aime ni le jaune, ni le forthitia, alors je m'amuse avec ses formes...
Et en été, j'ai trois boules de feuilles vertes sur des troncs...
 
 
 
 
Allez, maintenant un petit koitès : 
 
Qui débourre? 
 
Image 1                         Image 2                         Image 3
  
   
 
 
 
1 . Larix kaempferi 'Blue Dwarf'   (bravo Kristin) 
 
2.  Persicaria polymorpha ( Bravo Berthille)
 
3. Hosta undulata 'Albomarginata' ( bravo stéphane) 
 
 
 
 
 
Et puis, quelques images pour les images, pasque j'aime les jeunes pousses...
 
 
 

Amelanchier lamarckii 
 
 
 
 
Paeonia  suffruticosa
 
 
 
 
 
 
 Rheum palmatum, Fargesia murielae, Euphorbia amygdaloïdes 'Purpurea'

 
Rheum palmatum 10 avril 2008
 
 
 
Ensuite, je suis rentrée me sécher; pasque, faut pas pousser, hein?
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 

A la Saint-Gautier, jamais le jour entier ne passe sans quelques giboulées.

 
 
 

 
 
Quelques blanches pensées, pour méditer sur les dictons et autres proverbes...
 
 
 
" Jamais de pluie de printemps n'a passé pour mauvais temps. "
 
 
***
 
" On a pas hiberné tant qu'avril n'est pas passé.''
 
***
 
" Caprice d'avril fait tomber les fleurs et trembler les laboureurs."
 
 
 
 
 Tu y crois toi, à ces petits mots de saisons ?
 
 
 
 
Voici pour toi, un extrait d'Almanach, qui t'en dira plus que moi...Tu verras que finalement, de la sagesse et de l'expérience des anciens, n'est pas resté que du n'importe quoi !!!
 
 
 
Origine, histoire, dictons du MOIS D'AVRIL
 
(D'après « La légende des mois », paru en 1881)

Les Romains donnaient au mois qui succède à Mars le nom d'aprilis, du mot latin aperire, qui veut dire ouvrir, soit « parce que, dans ce mois, les bourgeons commencent à s'ouvrir », soit « parce que la terre semble ouvrir son sein en se couvrant d'une végétation nouvelle ». Du mot latin aprilis nous avons fait avril.


Le poète Ausone représente le mois d'avril sous les traits d'un jeune homme couronné de myrte et qui semble danser au son des instruments. « Près de lui est une cassolette d'où l'encens s'exhale en fumée et le flambeau qui brûle dans sa main répand des odeurs aromatiques. » Le mois d'avril était consacré à la déesse Cybèle, la mère des dieux, comme l'appelaient les Grecs. C'était à Pessinonte, en Phrygie, que se trouvait le principal temple consacré à Cybèle ; on l'y adorait sous la forme d'une pierre noire, qui était, disait-on, tombée du ciel. Pendant la seconde des guerres que les Romains firent aux Carthaginois, un évènement qui parut extraordinaire, une pluie de pierres, terrifia les esprits.

Cybèle

On consulta les livres sibyllins et l'on trouva une prédiction portant que l'ennemi serait vaincu si l'on apportait à Rome la mère des dieux de Pessinonte. La pierre noire qui représentait Cybèle fut apportée en grande pompe à Rome, et des jeux annuels, les jeux Mégalésiens, furent institués en l'honneur de la déesse pour perpétuer le souvenir de son entrée dans la capitale de l'Italie. Ces jeux commençaient le 4 avril et duraient sept jours ; ils consistaient en représentations dramatiques exécutées sur le mont Palatin devant le temple même de Cybèle. Phidias représente la déesse assise sur un trône entre deux lions, ayant sur la tête une couronne murale de laquelle descend un voile. Quelquefois Cybèle est représentée tenant une clef et paraissant écarter son voile, allégorie qui rappelle l'étymologie d'avril.

Chaque année, le 1er avril, les Grecs se rassemblaient autour du temple de Thésée pour exécuter des danses nationales. Thésée, dont les exploits sont restés légendaires, tua, comme l'on sait, le Minotaure, ce monstre à tête de taureau qui dévorait chaque année six jeunes garçons et six jeunes filles d'Athènes : c'était le tribut imposé par le roi de Crète, Minos, à la suite de l'assassinat de son fils Androgée par les Athéniens. Ariane, fille de Minos, sur les conseils de Dédale, donna à Thésée un fil qui devait le conduire dans la demeure, presque introuvable (le labyrinthe), habitée par le monstre. Thésée fut ingrat envers Ariane, qu'il abandonna dans l'île de Naxos.

Donc, le 1er avril, des jeux et des chants célébraient la victoire de Thésée. Parmi ces chants, quelques choeurs sont remarquables. L'un est considéré comme une reproduction de la danse que Dédale inventa pour Ariane. Le coryphée tient et guide ses compagnons, tantôt au moyen d'un fil, tantôt avec un mouchoir. Ce fil serait celui du labyrinthe ; ce mouchoir, serait destiné à essuyer les larmes d'Ariane. La personne qui tient le mouchoir dit ces paroles : « Navire qui es parti et qui m'enlèves mon bien-aimé, mes yeux, ma lumière, reviens pour me le rendre ou pour m'emmener aussi. » Quand Ariane a chanté, le choeur lui répond sur le même air : « Maître du navire, monseigneur, et vous, rocher, âme de ma vie, revenez pour me la rendre, ou pour m'emmener aussi. »

« C'est aux alternatives de réveil et de sommeil de la végétation, dit Maury, que se rapportent les deux genres de fêtes, les unes gaies, les autres tristes, que l'on célébrait en l'honneur de l'héroïne crétoise (Ariane) et qui firent croire aux mythologues des temps passés à l'existence de deux Arianes. »

Pour nous, le 1er avril, à défaut du culte de Thésée, nous pratiquons la coutume du poisson d'avril. Nous nous égayons aux dépens de nos amis en leur annonçant des nouvelles absolument inexactes et en leur imposant des démarches absolument inutiles. S'ils se fâchent, il nous suffira d'un mot pour calmer leur colère : « Poisson d'avril ! » Quelle est l'origine de cette plaisanterie vraiment absurde ? On raconte que le roi Louis XIII faisait garder à vue, dans le château de Nancy, un prince de Lorraine. « Le prisonnier trouva moyen de se sauver, le 1er avril, en traversant la Meuse à la nage, ce qui fit dire aux Lorrains que c'était un poisson qu'on avait donné à garder aux Français. »

Mais voici d'autres origines : Poisson d'avril, dit-on, dérive par corruption de Passion d'avril. Le vendredi saint tombe souvent dans ce mois et la manière dérisoire dont le Christ fut renvoyé d'Anne à Caïphe, de Caïphe à Pilate, de Pilate à Mérode, d'Hérode à Pilate, semble une mystification pareille à celle que nous appelons poisson d'avril. Une autre version est la suivante : Le mois d'avril est le mois où le maquereau est le plus abondant. La pêche commence dans les premiers jours; or, il est d'usage dans certaines localités maritimes, lorsque les pêcheurs reviennent après une maigre pêche, qu'on leur envoie en manière de plaisanterie des poissons en bois et en carton. On nargue ainsi ceux qui s'étaient vantés de revenir avec des cargaisons beaucoup plus considérables que leurs voisins. Souvent les pêcheurs, pour ne pas avouer leur pêche infructueuse, prétendaient que leurs bateaux avaient coulé au retour. On les accueillait alors en criant : « Ah ! ah ! c'est du poisson d'avril. »

Enfin, une dernière étymologie, qui, à vrai dire, nous paraît la meilleure, bien qu'elle ne nous apprenne pas l'origine des mystifications du 1er avril : En avril, le soleil vient d'entrer dans la constellation zodiacale qu'on appelle les Poissons. Disons à ce propos que la constellation des Poissons était, en Égypte, consacrée à la déesse Nephtis, puissance malfaisante qui symbolise la stérilité de la terre. Elle était la femme de Typhon, dieu du mal, des ténèbres, de la stérilité. Détail assez curieux : dans les temples consacrés à Typhon, on immolait à ce dieu des hommes roux !


Thésée et le Minotaure

Parmi les fêtes romaines qu'on célébrait en avril, signalons : le 4, les jeux Mégalésiens ; le 7, les fêtes de la naissance d'Apollon et de Diane; le 15, les Fordicales, des deux mots
forda, vache pleine, et coedo, je tue, en l'honneur du dieu Tellus, (la Terre) ; chaque écurie immolait une vache pleine. Le 21 avril, jour anniversaire de la fondation de Rome, on célébrait les Parilies, fête instituée par l'empereur Adrien et pendant laquelle on ne faisait aucun sacrifice sanglant. Le même jour avaient lieu les fêtes Paliliennes, en l'honneur de la déesse Palès, divinité tutélaire des bergers et des troupeaux. Le 25, on célèbre les Robigales, en l'honneur de la déesse qui préserve les blés de la rouille. Le 30, ont lieu les Larentales, en l'honneur d'Acca-Larentia, nourrice de Romulus et de Rémus, et qu'on avait surnommée la Louve ; ce qui a fait croire que Romulus avait été allaité par la femelle d'un loup. Quant aux Céréalies, elles étaient célébrées en avril et en août.

Du commencement à la fin d'avril, les jours augmentent de 1h40, à savoir : de 57 minutes le matin et de 43 minutes le soir. En avril, la température moyenne continue à s'élever ; elle atteint 10°, et cependant nous devons nous attendre encore à des séries de mauvais jours : les pluies, le froid, la neige même parfois, ne nous ont point irrévocablement quittés, et les gelées peuvent compromettre le succès des récoltes qui seraient trop hâtives. Vous connaissez le dicton : « Il n'est si gentil mois d'avril qui n'ait son chapeau de grésil. » Il y a d'ailleurs, dans ce mois, une échéance qui terrifie un grand nombre de nos paysans et qui suscite chez eux les croyances les plus superstitieuses : nous voulons parler de la lune rousse.

Écoutons ce qu'en disent les agriculteurs :

Lune rousse
Vide bourse.
et encore :
Récolte point n'est arrivée
Que la lune rousse ne soit passée.

Le roi Louis XVIII, recevant un jour une députation d'astronomes, leur dit : « Je suis charmé, messieurs, de vous voir réunis autour de moi, car vous m'expliquerez nettement ce que c'est que la lune rousse et quel est son mode d'action sur les récoltes. »« Sire, dit-il, la lune rousse n'occupe aucune place dans les théories astronomiques ; nous ne sommes donc pas en mesure de satisfaire la curiosité de Votre Majesté. » Le soir, le roi s'égaya beaucoup de l'embarras dans lequel il avait mis ses astronomes. Arago, qui rapporte cet incident, ajoute que le grand astronome Laplace, à qui s'adressaient plus particulièrement ces paroles, resta comme atterré ; lui qui avait tant écrit sur la lune n'avait en effet jamais songé à la lune rousse. Laplace consultait tous ses voisins du regard, mais ne voyant personne disposé à prendre la parole :

Les agriculteurs appellent lune rousse la lune qui, commençant en avril, devient pleine soit à la fin d'avril, soit au commencement de mai. Ils assurent avoir observé que la nuit, quand le ciel est serein, les feuilles, les bourgeons, exposés à la lumière de la lune, roussissent, c'est-à-dire gèlent lors même que la température de l'air se maintient à quelques degrés au-dessus de zéro. Ils ajoutent que si le ciel est couvert, les rayons de la lune n'arrivant pas jusqu'aux plantes, la gelée n'a pas lieu.

Est-il vrai, tout d'abord, que ces effets de gelée se produisent en avril et en mai ? Oui, bien certainement ; les récoltes, trop souvent compromises par ces gelées tardives, n'attestent que trop vivement la réalité de l'observation. Est-il vrai que les gelées se produisent quand le ciel est serein, quand la lune brille, et qu'elles n'ont pas lieu quand le ciel est couvert ? Oui encore. En voici l'explication : les objets terrestres, échauffés pendant le jour par les rayons du soleil, perdent de leur chaleur pendant la nuit en renvoyant dans l'espace la chaleur qu'ils ont reçue; le refroidissement peut être tel, que ces objets soient gelés alors même que la température de l'air est au-dessus de zéro. Cette perte de chaleur de la terre est favorisée par un ciel pur; aussi dans les nuits d'avril et de mai, quand la température de l'air ne dépasse pas 4 à 5 degrés et que le ciel est serein, les plantes gèlent.

Il est bien vrai, par conséquent, que durant ces nuits, si la lune brille, la gelée se produit ; mais la lune ne brille que parce que le ciel est pur et c'est la pureté du ciel qui détermine la congélation des plantes. « Dans ces gelées, disait spirituellement Babinet, notre lune n'est pas complice, mais simplement témoin du délit et du dégât. » Et cela est si vrai que, dans les mêmes conditions de sérénité du ciel, s'il n'y a pas de lune, la gelée se produit de la même façon.

Babinet raconte qu'à l'occasion de la lune rousse, il avait souvent reçu des lettres de correspondants agriculteurs lui demandant « de s'entendre avec ses confrères pour mettre cette fatale lune rousse en d'autres mois qu'avril et mai » Ceci rappelle une pétition adressée au pape Sixte-Quint par les habitants de son pays natal : « O Très Saint Père, accordez-nous de faire deux récoltes par an ! - Volontiers ! mes enfants, répondit Sixte Quint, et de plus j'y joins une seconde faveur, c'est que vos années auront désormais vingt-quatre mois ! »

Rappelons enfin que le mois républicain de germinal, qui commence le 21 mars, se termine au 20 avril et qu'à cette date nous entrons dans le mois de floréal, c'est-à-dire dans le mois des fleurs. En avril, l'agriculteur souhaite la pluie pendant la première partie du mois, une chaleur trop hâtive étant considérée comme nuisible. Cependant si la pluie cesse vers la fin d'avril, et surtout s'il n'y a pas de gelées, l'année promet une bonne récolte.

Pluie d'avril
Remplit grange et fenil.
(Vienne)

Quand il pleut à la Saint-George,
Il n'y a ni prune ni orge.

(Aube)

Mars hâleux,
Avril pluvieux
Font mai joyeux.

(Somme, Vaucluse)

Quand il tonne en avril,
Vendangeurs, préparez vos barils.

(Drôme, Meuse, Vosges)
La Saint-Georges, qui ne doit plus avoir d'eau, tombe le 23 avril.